Dina Vierny, source de jouvence d'Aristide Maillol

Publié le par Espace culturel Les Dominicaines

Conférence de Benoît Noël

L'espace culturel propose le samedi 2 mai à 17h une conférence sur la muse
d'Aristide Maillol, Dina Vierny.



Voici le texte de présentation rédigé par Benoît Noël :

Se mettre à nu devant un artiste, aussi grand soit-il est un exercice inhabituel.  « Prendre la pose » passe pour non moins déroutant à notre époque qui se voudrait entichée de naturel. « Tenir la pose » est, si on veut bien y réfléchir deux minutes, extrêmement difficile, pour les modèles professionnels comme les occasionnels. L’artiste n’exige –t-il pas une chose et son contraire ? La détente du corps du modèle, que celui-ci soit tout sauf crispé et éventuellement  qu’il propose des poses mais… dans le même temps, pieds et poings liés par ses marottes personnelles, n’est-il pas tenté de le contraindre dans une attitude convenant à son univers propre et terriblement subjectif ? D’autant plus subjectif s’il cultive un monde véritablement à part n’appartenant qu’à lui. Il s’agit donc un peu de la quadrature du cercle. Poser pour un artiste est, à la lettre, un exercice de style. Songez que les trois-quarts des femmes, pour ne pas dire pire, s’avouent volontiers « frileuses ». Elles sont pourtant les muses souveraines des artistes mâles. Dina Vierny (1919-2009) commence à poser pour Aristide Maillol (1861-1944) à l’âge de 15 ans. Il a 73 ans. Elle le fait à l’insu de ses parents et croit rester une heure. Elle posera dix ans pour lui et ses amis Pierre Bonnard et Henri Matisse. Au nom d’un pacte tacite. Elle se dévoile toute entière, il la déploie dans l’espace, libre et aérienne au fil de singuliers dessins, peintures et sculptures qui la libèrent à jamais du poids de la gravitation universelle. Il ne la fige pas dans le bronze au nom du type de femme qu’il aimait comme on l’a trop vite dit, il l’inscrit dans l’histoire éternelle des métamorphoses incessantes des formes. Au demeurant, il affirmait aimer les femmes un peu girondes, de type méditerranéen et elle est d’origine russe. C’est un échange entre êtres d’exception. Sa beauté est insolente. Son savoir-faire est solaire. Plus tard, Dina Vierny dira sobrement de l’art de son mentor : - Je sculpte l’impalpable disait Maillol qui rechercha toute sa vie,  selon un autre de ses mots : la quadrature de la perfection… Ces œuvres pour lesquelles j’ai posé, ce n’est pas moi, c’est lui…. Ainsi, Aristide Maillol se plaçait-il au-dessus de la ressemblance, n’imitait personne et pas même la nature. On songe alors à Montaigne et à La Boétie : Parce que c’était lui, parce que c’était moi…



Informations pratiques :
Conférence le samedi 2 mai à 17h.
Tarifs : 4€/personne, 2€/étudiant.
Renseignements au 02.31.64.89.33

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