Anne Brégeaut

Anne BREGEAUT

Anne Brégeaut est née en 1971. Elle vit et travaille à Paris.
En 1994, elle obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique à l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Clermont Ferrand.

 
Exposition personnelle :

 1996 : Espace d’art contemporain, Paris

 

Expositions collectives :

1995 : Galerie des Beaux-Arts, Nantes.

Exposition en valise, Cluj (Roumanie), Liverpool (Angleterre), Bruxelles (Belgique).

Un mot pour le dire, galerie Satellite, Paris.

Première, Abbaye St André, centre d’art contemporain, Meissac.

 1996 : Les plaisirs et les ombres, carte blanche à Raoul Vaneighem, Fondation pour l’architecture, Bruxelles.

Petites histoires, galerie de l’observatoire, Bruxelles.

Les arts en ballade, chapelle de l’oratoire, Clermont Ferrand.

Galerie Alain Gutharc, Paris.


Anne Brégeaut, artiste clermontoise, a présenté ses réalisations dans une exposition intitulée Viens pas, tu ne sauras pas que je t’ai attendu en 2002 à l’espace culturel.

Avec ses dessins, polaroïds, vidéos et différents objets du quotidien (ruban enroulé, mouchoirs en papier, pansements…) ponctués de textes, l’artiste exprime ses interrogations sur l’amour. L’oubli, l'éloignement, la séparation, la confrontation avec l’Autre sont des notions récurrentes dans son travail.

Jouant ainsi sur la relation à l’objet et sur la répétition de brèves locutions telles que, « regarde comme je suis gentille » elle relate toute la subtilité du rapport de force latent dans la relation amoureuse. Dans sa série de dessins intitulée Est-ce que tu m’aimerais encore ?, Anne Brégeaut efface, membre après membre, le corps d’une jeune femme jusqu’à le faire disparaître complètement. A la manière d'un aphorisme, elle réitère cette même question « Est-ce que tu m’aimerais encore ? » à chaque phase de la mutilation. Sur le dernier dessin où ne subsiste que la locution, on serait tenté d’ajouter « est-ce que tu m’aimerais encore si je n’étais plus là ? L’évanescence du corps, la précarité de sa condition et la litanie de la locution évoquent tout à la fois le souvenir, la peur d’être oubliée par l’Autre et la complexité du rapport amoureux.

L’ambiguïté de la relation avec l’Autre transparaît dans les différentes expressions qu’elle sème telles que « Couvre-toi, j’ai froid » ou encore « Viens pas, tu sauras pas que je t’ai attendu ». Ces énoncés paradoxaux révèlent le rapport fusionnel à l’autre dans lequel le « je » et le « tu » se confondent dans des relations spéculaires.

Touchant à l’intimité du couple, Anne Brégeaut sélectionne dans  les romans « à l’eau de rose » des éditions Arlequin, des moments de bonheurs ou de querelles. Ces extraits, ces fragments de dialogues deviennent dans sa « vidéo remplie d’amour » des sous-titres de monochromes roses. Ce thème des différends conjugaux est repris dans ses « kleenex » : prenant comme support des mouchoirs en papier jetables, elle imprime par un effet de gaufrage des bribes de phrases issues de disputes : « C’est déjà pas gai d’être triste », « Pardon »…

Enfantine, candide, humoristique sont des termes qui pourraient définir l’œuvre d’Anne Brégeaut mais, derrière ses interrogations et ses mots d’amour disséminés  et malgré l’omniprésence du rose bonbon, son œuvre dissimule en réalité toute la violence de l’éducation qui nous est imposée.