Pascal Vinardel

Biographie de l'artiste

Pascal Vinardel est un peintre né à Casablanca en 1951.
Dans la lignée de ces peintres qui ont imposé à leur art les contraintes rigoureuses d'un outillage traditionnel, il construit une peinture magistrale.

Ses grands motifs urbains semblent croître et s'étendre à l'infini au fur et à mesure que nous entrons en eux, tandis que ses. étranges personnages apparaissent et disparaissent tour à tour selon les incidences d'un espace qu'organisent les lois d'une composition très raffinée.

Quant aux dessins et lavis, ils tracent avec une étonnante maîtrise, les chemins lumineux d'un ordre ou se révèle toute la richesse et toute la simplicité du monde réel.

Ainsi toutes ces peintures nous renvoient à leur tour à ce qu'elles ont longuement regardé, en nous offrant la chaude, subtitle et profonde expérience de la Beauté.




A l'occasion de l'exposition des peintures et des dessins de Pascal Vinardel à l'espace culturel en 2002, Anne de Staël a rédigé un texte sur le travail de cet artiste :

"J'avais vu, à une déclinaison d'années d'ici, dans un atelier qui avait suspendu sa lampe de verre fin, sa lampe de jour, haut dans la ville, ces tableaux se tenir en équilibre précaire sur la pointe d'une forme aiguisée comme sur le fil d'un mur. le sentiment de précarité venait des degrés d'une flamme allumée au bout du pinceau qui en brûlant nous tenait sur le bord d'un souffle si vivant qu'il embrasait le tableau et pouvait aussi bien le faire disparaître.
Cette virtualité n'appartient qu'aux peintres dont l'esprit s'attache à la matière. Chaque lame courte du pinceau fait rentrer le monde dans la toile et ne le donne à voir qu'à hauteur de la sensation volatile et tenue.
Je me rappelle les tons de ces tableaux entre sable, terre et terre brûlée, un petit bleu de la taille d'une goutte de pluie à laquelle venait s'abreuver les moires des terres, ocres et blancs et tenants noirs qui en délimitaient le champ. Ces compositions faisaient vivre un espace entre mémoire, rêve et réalité qui avait porté son or à cuisson, ni rouge ni jaune, mais monnaie d'indien qui ne brille que de la valeur de la terre et de
l'éclat du temps dont la palette a remis en vigueur la conversation tissée au fil du réel.
Des tons qui vous disaient que la couleur pure était au départ comme une seule lettre inerte et pour former un mot qui ait un sens il fallait - en faisant remonter sa sonorité du grec, de l'arabe, - en travailler la vue sur une longueur de palette.
La palette, totue à l'ivoire de sa gamme fine comme celle du clavier d'un piano donne la couleur depuis les graves jusqu'aux aigus, mineur, majeur et dièse. (...)
Parmi les ateliers de peintre, il y en a qui ne sont que des cuisines où comme un enfant le peintre s'ébroue dans des combinaisons de matière, épices de toutes sortes, et colle sa mixture sur son panneau sans l'ombre d'un regard sur le monde... maçon sans maison au bout de sa truelle...
Exceptionnellement ici un atelier, celui de Pascal Vinardel qui, à peine vous ouvrez la porte vous prévient de sa puissance métaphysique. Cette matière, ces onguents, ces poudres à broyersont à leur travail d'esprit. le seul sujet est la lumière. Celle-ci s'aiguise au trait du dessin, qui se tient à l'écoute... un moyen de laisser parler la matière prenant en compte cette chose en soi sans variation et d'un seul tenant qui rassemble en "Un" les variations du monde.
Un atelier où le monde est entré pour sa traduction dans une langue qui nous rend le plus proche par la faculté de transformer le banal en diamant. De ces lignes d'horizon en mer où on ne sait plus à quel moment la mer devient ciel ! et plus près de nous, nous vérifions que notre regard prenne le large à travers ces voiles qui sont des toiles !
Une toile ajustéeà un format tout en longueur qui vous dit comment une vision découpe sa toile au format d'une émotion reçue. ce tableau ouvre l'immensité d'une ville qui parcourt une longue phase chromatique. des ombres glissées entre des lumières brûlantes - un in-folio arrondi à force d'avoir été vécu - des fluidités, des compacités, cette phrase a un chant !
En face un petit tableau lui répond. Un petit tableau habité et non pas une maison. Une lame de couteau de lumière fichée dans le mur.
Il y a chez Pascal Vinardel quelque chose de très libre. Il a regardé la peinture. Le regard sur la Nature a repeint la peinture. Il ne suit que la leçon buissonnière, bien en marge, tout à la joie de n'avoir pas de règle sinon celle qu'il équilibre entre voir et peindre, entre la maison et l'atelier."